Vous avez pris la décision de travailler avec un coach. Vous savez que vous voulez changer quelque chose dans votre vie. Et pourtant, à un moment du processus, vous sentez une résistance — un frein invisible qui vous empêche d'avancer aussi vite que vous le souhaiteriez. Cette expérience est universelle. Pratiquement chaque client en coaching rencontre des blocages à un moment ou à un autre.
La bonne nouvelle : ces blocages sont prévisibles, identifiables et surmontables. Ils font partie intégrante du processus de transformation. Un bon coach ne cherche pas à les contourner — il les accueille comme des informations précieuses sur les mécanismes de défense qui vous ont peut-être protégé dans le passé, mais qui vous freinent aujourd'hui.
Voici les 5 blocages les plus fréquemment observés en coaching, leurs mécanismes profonds et les stratégies concrètes pour les surmonter.
Ce que dit la recherche sur les blocages en coaching
Une étude de l'International Coach Federation (2023) révèle que 87% des clients en coaching ont identifié au moins un blocage significatif durant leur parcours. Les clients qui ont travaillé explicitement sur leurs blocages — plutôt que de les ignorer — ont obtenu des résultats 2,3 fois supérieurs sur leurs objectifs initiaux.
Blocage 1 : La peur du changement (et de l'inconnu)
La peur du changement
Le cerveau humain est câblé pour la sécurité. Neurologiquement, toute nouveauté est perçue comme une menace potentielle — même si cette nouveauté est désirée et bénéfique. C'est ce qu'on appelle le biais du statu quo : nous préférons inconsciemment la situation connue (même imparfaite) à l'inconnu (même prometteur).
En coaching, ce blocage se manifeste souvent par une ambivalence : vous voulez changer, mais vous trouvez constamment des raisons de reporter, de "pas encore", d'"attendre le bon moment". Ou encore, vous commencez à avancer, puis vous saboter subtilement juste avant de franchir un palier important.
Les signaux révélateurs : "Je n'ai pas encore le temps", "Il faut que je me prépare mieux d'abord", "Ce n'est pas le bon moment", une liste infinie de conditions préalables jamais toutes réunies.
Au lieu de chercher à éliminer la peur (impossible), travaillez à l'apprivoiser. Divisez le changement souhaité en micro-étapes si petites qu'elles ne déclenchent pas de résistance significative. Chaque petite action réussie crée une nouvelle preuve de votre capacité à changer, réduisant progressivement l'intensité de la peur. En coaching en ligne, cette approche peut être travaillée séance après séance avec un suivi régulier qui renforce votre élan.
Blocage 2 : Le syndrome de l'imposteur
Le syndrome de l'imposteur
Le syndrome de l'imposteur — terme introduit par les psychologues Pauline Clance et Suzanne Imes en 1978 — désigne la conviction persistante d'être incompétent, d'avoir "trompé" son entourage, et de ne pas mériter ses succès. Il touche de façon disproportionnée les personnes compétentes, ambitieuses et intelligentes — souvent précisément celles qui cherchent un coach.
En coaching, ce blocage freine l'action parce que la personne anticipe l'échec ou le "démasquage". Elle reporte, sur-prépare, perfectionnise sans jamais passer à l'acte. Ou elle agit, réussit, puis attribue son succès à la chance — et repart dans le même cycle.
Les signaux révélateurs : "Je ne mérite pas ce que j'ai", "C'est par chance que ça a marché", "Les autres sont tellement meilleurs que moi", "Quand ils vont s'en rendre compte..."
Tenez un journal quotidien où vous notez les preuves concrètes de votre compétence — pas des opinions, des faits. Résultats obtenus, compliments reçus, problèmes résolus, décisions bien prises. Ce journal construit progressivement une base factuelle qui contredit le récit de l'imposteur. En parallèle, le coach travaille sur l'origine de ces croyances limitantes pour les transformer à la racine.
Blocage 3 : La résistance à l'action (procrastination avancée)
La résistance à l'action
La procrastination dans un contexte de coaching est souvent plus complexe que la procrastination ordinaire. Ce n'est plus seulement reporter une tâche administrative : c'est résister aux actions qui pourraient transformer votre vie. Cette résistance est d'autant plus forte que l'enjeu est élevé.
Steven Pressfield, dans "La Guerre de l'Art", décrit ce phénomène comme "la Résistance" (avec un grand R) — une force opposée à toute forme de création, de changement ou de croissance personnelle. Plus vous êtes proche de quelque chose d'important, plus la Résistance est forte.
En coaching en ligne, cette résistance peut se manifester par l'annulation récurrente de séances "pour de bonnes raisons", la non-réalisation des engagements pris entre les séances, ou encore une excellente compréhension intellectuelle des enjeux sans passage à l'acte correspondant.
L'une des forces du coaching en ligne est la possibilité d'intégrer une accountability régulière via des check-ins courts entre les séances (message, email, courte note). Des recherches de l'American Society of Training and Development montrent que la probabilité de réaliser un objectif passe de 65% (engagement seul) à 95% (engagement + accountability avec une personne spécifique). Votre coach en ligne devient ce partenaire d'accountability.
Blocage 4 : Les croyances limitantes profondes
Les croyances limitantes
Les croyances limitantes sont des convictions profondes, souvent inconscientes, qui définissent les limites de ce que vous vous croyez capable de faire, d'avoir ou d'être. Elles se sont formées dans l'enfance ou à travers des expériences marquantes, et elles filtrent votre perception de la réalité de façon sélective — ne retenant que les preuves qui les confirment, ignorant celles qui les infirment.
En coaching, elles apparaissent comme des "plafonds de verre" : vous avancez bien jusqu'à un certain point, puis vous buttez sur quelque chose d'invisible. Les thèmes les plus fréquents : "Je ne mérite pas le succès", "L'argent est une source de conflit", "Je dois souffrir pour que ça ait de la valeur", "Je ne suis pas assez (intelligent, talentueux, courageux)..."
Ces croyances sont particulièrement résistantes parce qu'elles semblent être la vérité — pas une croyance, mais un fait. Le travail de coaching consiste d'abord à les identifier (souvent difficile car inconscientes), puis à les tester face à des preuves concrètes, et enfin à les remplacer par des croyances plus aidantes.
La Thérapie d'Acceptation et d'Engagement (ACT), souvent utilisée par les coachs certifiés, propose une approche efficace : plutôt que de combattre les croyances limitantes (ce qui les renforce souvent), on apprend à les observer avec détachement ("je remarque que j'ai la pensée que...") puis à agir en alignement avec ses valeurs malgré leur présence. Cette technique, combinée au questionnement socratique du coaching, produit des transformations durables.
Blocage 5 : Le manque de clarté sur les objectifs véritables
Le manque de clarté sur les objectifs véritables
Ce blocage est plus subtil que les précédents. Vous avez peut-être défini des objectifs clairs avec votre coach — mais sont-ils vraiment VOS objectifs ? Ou sont-ils ceux que vous croyez devoir vouloir ? Ceux que votre famille, votre culture, votre entourage attendrait de vous ?
Un client en coaching peut passer plusieurs séances à ne pas avancer sur un objectif "logique" — augmenter son revenu, chercher une promotion — sans comprendre pourquoi. Puis, en explorant plus profondément, il découvre que cet objectif n'est pas le sien. Ce qu'il veut vraiment, c'est plus de liberté, plus de sens, plus de temps avec ses enfants. L'objectif de départ était un proxy, pas le vrai désir.
Quand vos actions ne s'alignent pas sur vos objectifs, c'est souvent parce que ces objectifs ne s'alignent pas sur vos valeurs profondes. La résistance est alors une protection, pas un défaut de volonté.
La technique des "5 Pourquoi" (demander "pourquoi est-ce important pour toi ?" cinq fois de suite) est d'une efficacité remarquable pour descendre de l'objectif de surface au besoin fondamental. Un coach expérimenté vous guidera dans cet exercice pour identifier vos valeurs cardinales — celles qui, une fois reconnues, donnent une direction claire et une énergie naturelle à votre action.
Comment travailler sur ces blocages en coaching en ligne
La beauté du coaching en ligne est qu'il offre un espace particulièrement propice au travail sur les blocages. Le confort de son propre environnement réduit les défenses ; la régularité des séances virtuelles crée un rythme d'introspection soutenu ; et la diversité des outils numériques (journaux, exercices interactifs, enregistrements) enrichit le processus.
Voici comment un coach en ligne travaille typiquement sur ces 5 blocages :
- Identification — Le coach observe les patterns dans vos réponses, vos comportements entre les séances et vos réactions émotionnelles pour identifier quel(s) blocage(s) est présent.
- Exploration sans jugement — Le blocage est exploré avec curiosité, non comme un défaut mais comme une information sur vos besoins et vos protections.
- Travail sur les croyances sous-jacentes — Les croyances qui alimentent le blocage sont mises à jour, questionnées et progressivement transformées.
- Micro-engagements progressifs — Des actions suffisamment petites pour contourner la résistance sont définies et suivies d'une séance à l'autre.
- Célébration des progrès — Chaque avancée, même minime, est reconnue — ce qui renforce les nouvelles croyances et crée une dynamique positive.
Les blocages ne sont pas vos ennemis. Ils sont les gardiens de zones en vous qui méritent d'être explorées avec respect et compassion. Le coaching — particulièrement en ligne où la régularité et l'accessibilité facilitent un travail profond — est l'un des espaces les plus efficaces pour faire ce travail de transformation.